FC COTEAUX BOURGEAIS

Les grandes étapes de la création du club

1912 (25 mai) Agrément de l'Amicale Laïque par le Ministère de ...la guerre.
1928 (18 décembre) Fusion de l'Amicale Laïque avec Bourg Sports, société qui existait depuis le début du siècle.
1941 Apparition du football à Bourg (qui se pratiquait alors à Portier).
1945 Achat et aménagement du terrain actuel.
1946 Choix du nom du stade : Léo LAGRANGE (Premier secrétaire d'état aux Sports et aux Loisirs, né à Bourg, tué au front en 1940, inhumé à Bourg).
1947 (17 août) Inauguration officieuse du stade en présence de Madeleine LAGRANGE, au cours d'une fête de la jeunesse.
1949 Aménagement des premiers vestiaires et inauguration officielle des installations.
1972 Installation de l'éclairage.
1981 Construction de tribunes.
1997 Rénovation du terrain.
2002 Installation d'un nouvel éclairage très performant (l'ancien ayant été détruit en 1999).
2003 Création d'un "club house" à côté du terrain de foot. Construction d'Abris de touche.
2006 Rapprochement avec le club La Vaillante de PRIGNAC ET MARCAMPS. Changement de nom en AS BOURGEAIS.
2009 Homologation du terrain du collège (terrain de repli). Baptême du foyer, du nom d'Henri DUVERT.
2011 Agrandissement et rénovation des vestiaires.
Merci à Pierre BOYRIES pour les précieux renseignements qu'il nous a fournis.

Les présidents depuis les années 60

Robert MOUCHAGUE, Robert FLAYEUX, Richard CARRERAS, Jean-Claude PARACHOU, Pierre GRAVEREAU, Frantz GRILLET, Christian BOYRIES, Bernard LATOUCHE, Alain BAYO, Joël ROUTURIER, Stéphane GRILLET, Francisco SANCHEZ, Manuel AGUADO, Christophe CARDONA ...

L'historique par Pierre Boyries

L’A.L.B.S. (Amicale Laïque et Bourg Sports) fête cette année son soixante dixième anniversaire ! Ceci n'est pas indifférent à toutes les personnes qui s'intéressent au sport sur le plan local, à ceux qui animent les associations, ou encore aux parents des enfants qui viennent s'aérer et bouger sur les stades dès l'âge de 6 ans, sous la responsabilité d'animateurs dont il faut souligner le dévouement.
      J'ai eu l'occasion de rechercher les lointaines origines du développement du sport à Bourg, lorsque j'écrivais, il y a une quinzaine d'années « l'Histoire de Bourg ». La recherche des documents m'avait été facilitée par ce simple hasard des circonstances de ma vie qui voulut que je fusse secrétaire de l'A.L.B.S., puis président pendant cette période sombre de la guerre où il n'était pas facile de proposer à la jeunesse des activités sportives ou simplement de plein air. Les détails paraissent aujourd'hui bien dépassés de ces origines de la prise en charge de la jeunesse pour en orienter l'activité vers la formation physique et morale, indissociables de la préparation d'un jeune à sa vie d'homme. C’est pour son bien personnel d'abord ; c'est aussi pour le bien de la nation. Que l'on me pardonne de retracer un historique très succinct de cette idée.
         Née de la chute du second Empire, la 3ème République s'est voulue laïque, ce qui ne veut pas dire opposée à la religion. Elle voulait préparer la revanche de la défaite de 1870 et pour cela il fallait former des hommes capables de faire de bons soldats. Dans le même temps elle souhaitait reprendre à l'église la place prépondérante que, depuis 1815, les régimes successifs lui avaient laissé prendre.
Cela ne se fit pas sans heurts et sans conflits qui eurent des répercussions locales. Le calme s'établit peu à peu lorsque Jules Ferry fit savoir au nouveau pape Léon XIII que la  république souhaitait le respect des opinions religieuses dans l'école publique. Le pape donna alors des conseils de modération à l'Eglise de France et incita les catholiques français à accepter le régime républicain. Cela n'alla pas sans soubresauts politiques (que ceux qui ont étudié l'histoire du début de siècle connaissent bien) et eut sa traduction dans quelques lois importantes qui traitaient des associations, comme de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
         Au plan local, ce fut l'époque de ce que l'on appelle un peu vite, et d'une façon réductrice, des « disputes entre l'instituteur et le curé ». Chacun souhaitant au nom des idéaux qu'il défendait, y faire adhérer le plus de jeunes possibles et au delà, leurs familles - cela se traduisit par une forme de prosélytisme actif qui fut le signe d'une époque et se prolongea, avec des fortunes diverses, et en s'atténuant, jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. C’est dans ce « climat » politique que sont nées, et se sont développées, les associations dont nous allons parler.

CREATION DE L’A.L.B.S
 
         Les deux premières associations sportives qui ont participé à l'animation de Bourg échappaient, partiellement au moins, à ces luttes issues de clivages politiques :
-« La Société des Régates de la Ville de Bourg » correspondait à une activité naturelle pour une ville qui possède un aussi beau plan d’eau.
-« Bourg Sports » répondait sans doute davantage à cette culture commune qui nous vient du fond des âges, qui marque la recherche continue d'un art de vie et que la récente reprise des jeux olympiques, sous l'impulsion de Pierre de COUBERTIN, avait remise à l'honneur au début du siècle.
Localement, ces deux associations s'aperçurent bien vite que, à partir de leurs activités permanentes, elles pouvaient organiser des manifestations communes destinées à y intéresser la plus grande part de la population, à une époque où les divertissements étaient rares. C’est ainsi que le 31 juillet 1910 elles organisèrent une grande journée sportive, avec régates de Bourg à Plagne, accompagnées par le bateau à vapeur sur lequel les passagers pouvaient suivre toutes les péripéties de la compétition, comme dans une tribune flottante. C’était le matin. L'après-midi se déroula le championnat d'athlétisme de « Bourg Sports ».
         A cette époque, le Directeur de l'Ecole de garçons, M. DAVRIL, cherchait à maintenir et à resserrer les liens d'amitié et de solidarité qui s'étaient établis sur les bancs de l'Ecole par des activités susceptibles de prolonger et d'élargir l'éducation donnée à l'école sous l'égide du maître.
Sur ces bases il fonda 1' « Amicale Laïque » dont le siège, tout naturellement, fut fixé à l'Ecole des garçons, et dont le Directeur de l'Ecole devint Président par disposition statutaire.
Mais pour organiser les activités il fallait trouver de l'argent. A l'époque l'Amicale organisait des « concerts » : on y jouait des oeuvres diverses, à commencer par « La Grammaire » de LABICHE...
Partant d'un travail assidu et dans une certaine mesure formateur, cela débouchait sur de franches rigolades qui attiraient la population dans la « Salle des Conférences » -entre les 2 écoles- qui fut le lieu de leurs exploits. Il fallait entendre, encore en 1950, André BERNARD, Jean RHODE, Marcel SARRAUTE, en parler avec ravissement pour imaginer leurs efforts, la joie ambiante, la fierté d'y avoir participé et de continuer à apporter leur soutien à de telles activités.
Parallèlement, l'Amicale laïque se proposait également d'organiser des activités de gymnastique, de préparation militaire, des exercices de tir : c'étaient là les préoccupations de la 3éme République (former des jeunes gens instruits, capables de devenir de bons citoyens) et, s'il le fallait, de bons soldats, à une époque où la guerre paraissait inévitable. A ce titre l'association fut agréée le 25 mai 1912 par le ministère de la guerre.
         Pour répondre aux aspirations des familles qui souhaitaient maintenir leurs enfants dans un cadre idéologique proche de leurs orientations religieuses, une société avait été créée dans la mouvance où les luttes confessionnelles pouvaient encore surgir c'était l'« Espérance ». Elle proposait également des activités sportives : athlétisme, basket-ball et possédait un terrain qui se situait sur la partie Sud -Est de l'actuel stade Léo LAGRANGE.
         Parallèlement à ces deux sociétés, « Amicale » et « Espérance », une autre avait été créée sous 1'impulsion de madame DEMEURANT. «Les Pâquerettes» était une société autonome, destinée aux jeunes filles et idéologiquement proche de l'Amicale.
Entre les deux guerres, les deux sociétés de la mouvance laïque organisaient leurs activités sur les allées Daleau et sur la place de l'Eperon.
« Bourg- Sports », nous l'avons vu, existait au début du siècle : on y pratiquait le rugby. C’est le 18 décembre 1928 que l'Amicale laïque fut autorisée, par décision ministérielle, à fusionner avec « Bourg-Sports » et, par conséquent, à modifier son titre. Elle s'appela désormais et s'appelle encore : « Amicale Laïque et Bourg- Sports » plus connue sous les initiales : A.L.B.S.
         Mr DAVRIL avait quitté Bourg en 1924. Il fut remplacé par Mr LALANNE de 1924 à 1928. C’est principalement sous l'impulsion de René CARAYON, qui succéda à ce dernier, que le basket-ball et l'athlétisme se développèrent. Les sports se pratiquaient sur les allées Daleau et sur la place de l'Eperon, où un terrain de basket avait été aménagé sur l'emplacement actuel du Monument aux Morts. Avec les PIERRON, MERIOCHAUD, BOYER, LECOT, SCHEWAPPES, et quelques autres, l'équipe locale entraînée par René CARAYON acquit rapidement une solide réputation régionale et ses activités étaient suivies par un public de plus en plus dense. Si bien que ces installations furent vite insuffisantes.
         A une époque où la ville de Bourg s'enorgueillissait d'avoir donné à la Nation, un secrétaire d'état aux sports et aux loisirs particulièrement actif, ce manque était ressenti par tous.
Mais quand, en novembre 1940, dans une réclamation au conseil municipal, les directeurs des écoles (de garçons et de filles) firent valoir l'intérêt qu'il y aurait à aménager un terrain de sports dont pourraient également bénéficier les enfants des écoles, la réponse fut sèche mais claire : « la place de l'Eperon et les allées Daleau ayant jusqu'ici répondu aux besoins des sportifs, cet état de choses peut continuer ainsi... » .
Et cela continua ainsi, à ceci près, que ces sites sportifs devaient être fréquemment abandonnés aux Allemands quand il leur prenait la fantaisie d'y faire manoeuvrer leurs troupes...
         Il y eut cependant une alternative, sur la proposition du Maire qui fut nommé en 1941, le Docteur DISSEZ. La recherche d'un terrain déboucha sur un accord avec Mr BOISSON qui voulut bien confier une prairie qu'il possédait entre Portier et le Ligat, le long de la voie ferrée. En contre partie, pour nourrir ses bêtes, il demandait 3 tonnes de foin, denrée contingentée, que le ravitaillement général refusa. En mars 1943, l'affaire en resta là, et la commune dût payer 15.000F (2 300 €) à Mr BOISSON pour compenser la nourriture qui lui avait fait défaut, pour ses bêtes entre novembre 1941 et mars 1943 (petite histoire !.. mais qui marque cependant une évolution).
 
LE STADE LEO LAGRANGE
 
         La guerre terminée, la municipalité élue à la libération et dirigée par René CADILHON, reprit les principes de Léo LAGRANGE pour entreprendre et mener à bien l'achat et l'aménagement du terrain actuel, au nord de la ville. Cet emplacement dépendait alors de deux propriétaires :
- A l'ouest un grand vignoble appartenait aux époux CAUUET.
- A l'est, le terrain de basket-ball appartenait en propre à l’ « Espérance », comme cela a déjà été dit.
Cette dernière acceptait de céder ce terrain à la commune pour la somme de 50.000F ( 7 600 €) si la ville faisait le nécessaire pour obtenir la vente du vignoble CAUUET.
La ville acheta donc sous forme de rente universelle, pour la somme de 15.000F (2 300 €) par an, 3 journaux de vigne appartenant aux époux CAUUET (il s'agit de francs de l'époque). Mais pour avoir un vrai stade aux dimensions requises, il manquait d’un quart à un tiers de la superficie totale. C’est le « Patronage des Ecoles Laïques » qui l'acheta pour la somme de 215.000F (33 000 €), grâce à un emprunt souscrit auprès de ses membres, et l’offrit à la commune.
         Je me souviens fort bien de toutes les réunions nécessitées par les négociations, qui eurent lieu alors. Leurs aléas figurent dans le livre des compte - rendus du « Patronage des Ecoles Laïques ». Bizarrement, lorsque j'ai écrit l’ « Histoire de Bourg », je n'en ai pas trouvé l'écho sur le registre municipal.
Quoi qu'il en soit, grâce à la volonté de tous, l'irréversible était accompli : la ville, ses sportifs et les enfants des écoles, disposaient d'un vaste terrain remarquablement situé. Il y eut bien encore quelques tracasseries dues à une mauvaise exécution des nivellements, mais l’essentiel était enfin accompli : un ensemble sportif était né, au service de toute la jeunesse sans distinction.
         Le 4 mai 1946 (un an après la fin de la guerre) le conseil municipal décida de lui donner le nom de «Léo LAGRANGE », tué en 1940 à Evergnicourt.
L'inauguration officieuse du stade fut 1'occasion d'une magnifique fête de la jeunesse le 17 août 1947. En présence de Madeleine LAGRANGE , de nombreuses personnalités, et de tous les membres des associations sportives du Bourgeais, René CADILHON procéda à la remise du terrain à ses futurs utilisateurs :
         «Sportifs », dit-il, « le stade Léo LAGRANGE est vôtre, à partir d'aujourd'hui. Il est placé sous votre sauvegarde. En toutes occasions, souvenez-vous du nom qu'il porte... ».
Au nom des sportifs, le jeune président de l’A.L.B.S. que j'avais l'honneur d'être à ce moment là, remercia en termes évidemment chaleureux et reconnaissants :
« Les sportifs d'aujourd'hui et de demain n'oublieront pas les initiatives que, avec vos collègues du conseil municipal et de l'office municipal des sports, vous avez su prendre pour mener à bien cette réalisation si longtemps attendue. De Léo LAGRANGE dont ce stade portera le nom, ils conserveront le sens du devoir et de la dignité ».
         Il restait cependant à doter ce terrain d'un minimum d'installations. Or il n'y avait plus de crédits municipaux ! C'est encore le « Patronage des Ecoles Laïques » qui acheta, en février 1949, et aménagea pour la somme de 250.000F (38 000 €, un grand baraquement à usage de vestiaires, de douches, de salles de réunions pour les sportifs et pour la batterie, ainsi que d'abri pour le public.
         Enfin terminé et en état de marche, l'inauguration officielle du stade eut lieu en juin 1949 à l'occasion d'un challenge d'athlétisme qui réunissait la plupart des sociétés sportives du Blayais. Ce fut encore une grande fête de la jeunesse avec défilé des sportifs animé par plusieurs batteries fanfares. La manifestation était présidée par Daniel MAYER, ministre du travail, qui, dans son allocution développa cette idée chère à Léo LAGRANGE :
                     « le loisir complément indispensable du travail ».
C'était le sens de la présence à Bourg, ce jour-là, du Ministre du Travail, pour l'inauguration officielle d'une installation sportive...
 
 
 
 
NOTA :
II est fait allusion à plusieurs reprises, aux sommes importantes fournies par le « Patronage des Ecoles Laïques » pour mener à bien toutes ces opérations d'aménagement du stade. De quelles ressources disposait donc le Patronage pour être ainsi en mesure d'apporter de telles aides ?
Ce que l’on appelait alors « Salle des Conférences » entre l'Ecole des garçons et l'Ecole des filles, avait été conçue à l'origine (1880) dans le périmètre scolaire. C'était un local destiné aux activités éducatives complémentaires de l'école. En 1927, le comité de Patronage suggéra d'aménager cette salle en cinéma. Des crédits municipaux furent votés pour cet aménagement puis pour l'achat de deux cents chaises.
A partir de 1928 des projections de films furent organisées et devinrent peu à peu hebdomadaires. Au delà des enfants, elles finirent par s'adresser à toute la population, à savoir à raison de trois représentations par fin de semaine. Moyen important de distractions locales, cette initiative apportait en même temps des ressources : les bénéfices réalisés étaient affectés à l'aide aux nécessiteux, aux familles nombreuses, à l'envoi d'enfants défavorisés en colonie de vacances, à l'achat de jouets pour l'arbre de Noël et même en 1936, à l'aménagement à Bourg d'une « auberge de la jeunesse »... Interrompu par l’occupation, le cinéma reprit dès novembre 1944 avec un équipement renouvelé. Ce sont les ressources qui, pendant quelques années encore, purent être dégagées de son activité, qui engendrèrent la participation du Patronage à l'acquisition et à l'équipement du stade municipal.
La lutte commune contre l'occupant avait favorisé bien des rapprochements qui permirent aux idées d'avancer rapidement.

                                                         Le comité directeur A.L.B.S.